Méditer c’est revenir au corps, témoignage de Colette après 8 semaines de stage MBSR

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Chère Laurence,

Un peu plus d’un mois s’est déjà écoulé depuis notre dernière séance de MBSR. Comme promis, je reviens vers toi pour témoigner de mon expérience sur cette formation de 8 semaines. Je n’avais pas envie de réagir à chaud au lendemain de la dernière séance, préférant vérifier que mon engagement à méditer régulièrement tiendrait dans la durée. Non seulement, je suis aujourd’hui  en mesure de témoigner que l’engagement est tenu, mais sais, ou plutôt mon corps sait et sent que ma décision à me connecter le plus souvent possible à mon intériorité m’accompagnera jusqu’à la fin de mes jours.

Je connais cette certitude. Elle ne vient pas de mon  esprit mais de mon corps tout entier. Et j’ai déjà pu vérifier qu’elle ne me trompe jamais. Il s’agit tout simplement d’un alignement, d’un accord parfait entre le corps et l’esprit. L’un et l’autre souhaitent ardemment la même chose. Aucun des deux ne veut imposer sa Loi à l’autre.

J’ai vécu ces 8 semaines en ta compagnie dans la joie, tellement heureuse des découvertes qui se révélaient à moi semaine après semaine. La plus importante restera, à n’en pas douter, la prise de conscience de mon corps et de ses besoins. Pour pouvoir supporter ses souffrances endurées par les coups assénés dans son enfance, mon esprit n’avait trouvé d’autre solution que de le couper de ses sensations. Et pour lui apporter un peu de douceur, ce même esprit le réconfortait en le gavant de sucreries. J’ignore par quel miracle ce corps a pu résister à ces centaines de grammes de sucre ingérées chaque jour durant près de 60 ans. Rien ne le laissait supposer aux médecins qui se fiant à mon apparence, ne constataient aucune surcharge pondérale, pas plus que les résultats de mes analyses de sang ne révélaient la moindre anomalie…

Quand j’ai commencé la méditation il y a une douzaine d’années, j’ai été amenée à m’initier à quelques exercices de yoga. Cela n’a guère duré longtemps tant les douleurs générées par les différents étirements et postures m’étaient insoutenables. Lorsque je t’ai entendue nous proposer des exercices de yoga dès le début de la formation, ma première réaction intérieure a été de ne pas vouloir me soumettre aux exercices. Heureusement, commençant à prendre l’habitude de m’arrêter un moment sur ces réactions intempestives avant de passer à l’action, j’ai tout de suite pris le parti de ne pas porter de jugement sur ce qui n’était pas encore arrivé et préféré vivre le moment lorsqu’il adviendrait. Et quelle récompense !

Les douleurs ou sensations désagréables sont sans doute les mêmes qu’il y a une dizaine d’années. Mais, la manière de les appréhender en atténue considérablement la densité quand elle ne les supprime pas purement et simplement. Aujourd’hui, mon corps réclame régulièrement ces exercices de yoga. Comme s’il me rappelait de m’occuper de lui. Depuis plus d’un mois, je cuisine également. Des produits frais constitués pour l’essentiel de légumes, de légumineuses, de fruits ou encore de poissons.

Je ne dirais pas que ce changement radical dans mon rapport à mon corps a été rendu possible grâce à cette formation MBSR. Il résulte d’un long processus de réflexion. Le passage à l’acte signifie pour moi l’incarnation dans ma chair de toutes ces réflexions sur le sens de la vie et de la mienne en particulier engagées depuis de nombreuses années. La formation MBSR aura davantage été le déclencheur d’un processus intellectuel resté plus ou moins à l’état latent. Et ce n’est pas rien !

Il y a quelques jours, j’ai franchi le cap de la soixantaine. Cela fait frémir d’angoisse certains de mes amis. Moi, cela me rend joyeuse, car je sais que le temps me restant à parcourir dans la présente vie, qu’il soit court ou long, ne sera plus vécu avec autant de souffrances en dépit des tracas et embûches de toutes sortes qui ne manqueront pas de survenir.

Ce n’est pas l’événement vécu qui est un problème, mais la façon dont nous l’appréhendons. Une fois cette évidence comprise et incarnée, la vie devient légère. C’est ce que je souhaite à toutes celles et ceux que tu accompagneras sur ce chemin. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont entre de bonnes mains… 🙂

Bien à toi,

Colette Lanson

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